Un trimestre assimilé, c'est un trimestre qu'on vous compte pour la retraite alors que vous n'avez pas cotisé : chômage, arrêt maladie, maternité, service militaire. Il pèse autant qu'un trimestre cotisé dans votre durée d'assurance, et il ne vous coûte rien.
Sa grande limite, c'est la carrière longue, où il ne compte comme cotisé que dans certaines limites. Voyons lesquels existent, ce qu'ils vous apportent, et comment vérifier qu'ils sont bien sur votre relevé.
Au sommaire (10 parties)
- Qu'est-ce qu'un trimestre assimilé ?
- Trimestres gratuits : Quelles périodes sans travail comptent pour la retraite ?
- Chômage : Combien de trimestres et de points ?
- Arrêt maladie, accident du travail, invalidité : Vos trimestres sont-ils protégés ?
- Handicap : Peut-on partir plus tôt à la retraite ?
- Enfants, congé parental, parent au foyer : Quels trimestres en plus ?
- Service militaire ou service civique : Est-ce compté ?
- Ces trimestres ont-ils une limite, et comptent-ils pour la carrière longue ?
- Ces périodes figurent-elles bien sur votre relevé de carrière ?
- Votre liste de vérification
Qu'est-ce qu'un trimestre assimilé ?
Commençons par une définition simple. Un trimestre assimilé, c'est un trimestre validé pour une période où vous n'avez pas cotisé. Vous étiez malade, au chômage, à l'armée, et pourtant la loi compte quand même la période pour votre retraite, sans que vous ayez rien à payer.
Trimestre cotisé, assimilé, validé : La différence en bref
Pour bien comprendre la suite, il faut distinguer ces trois mots qu'on croise partout. D'un côté, les trimestres cotisés : vous avez travaillé, vous avez payé des cotisations. En 2026, il faut d'ailleurs un salaire d'au moins 1 803 € pour valider un trimestre de cette façon.
De l'autre, ceux qu'on vous a attribués sans cotisation, et ce sont eux, les trimestres assimilés. Pour le taux plein, c'est-à-dire partir sans réduction de pension, les deux comptent pareil : l'Assurance retraite le dit elle-même, un trimestre assimilé a la même valeur qu'un trimestre cotisé pour la durée d'assurance.
Et « validé », alors ? Ce n'est pas une troisième famille, c'est le mot qui les regroupe toutes. Un trimestre validé, c'est n'importe quel trimestre qui entre dans votre durée d'assurance, cotisé, assimilé, ou accordé comme ceux des enfants. La vraie différence se fait ailleurs, comme on va le voir tout de suite.
Ce que ces trimestres ne donnent pas toujours
Car ces trimestres ont deux limites. D'abord, ces périodes n'inscrivent en général aucun salaire sur votre relevé, à une exception près : les indemnités de maternité ou d'adoption y sont reportées. Elles comptent dans votre durée d'assurance, mais pas dans le calcul de vos meilleures années. Elles allongent donc votre carrière, sans en général rien ajouter à votre salaire de référence.
Ensuite, pour la carrière longue, celle qui permet de partir avant l'âge légal quand on a commencé jeune, ils ne comptent que dans certaines limites. On y revient plus bas, parce que c'est là que se jouent beaucoup de départs.
Côté retraite complémentaire, en revanche, c'est plutôt une bonne nouvelle : l'Agirc-Arrco donne aussi des points pour le chômage indemnisé et pour les arrêts de plus de 60 jours consécutifs. Votre pension complémentaire continue donc de se construire pendant ces périodes.
Trimestres gratuits : Quelles périodes sans travail comptent pour la retraite ?
Maintenant que les mots sont posés, passons aux situations concrètes, car chacune a sa propre règle de calcul. Voici les principales au régime général, telles que les donne service-public.fr :
- arrêt maladie ou accident du travail : 1 trimestre par période de 60 jours indemnisés ;
- congé maternité : 1 trimestre par période de 90 jours indemnisés, voir le congé maternité et la retraite ;
- chômage indemnisé : 1 trimestre tous les 50 jours ;
- pension d'invalidité : 1 trimestre par trimestre civil qui compte 3 mensualités ;
- service national : 1 trimestre pour 90 jours ;
- chômage partiel : 1 trimestre pour 220 heures indemnisées.
Et quoi qu'il arrive, une limite vaut pour tout le monde : jamais plus de quatre trimestres sur une même année civile, qu'ils soient cotisés ou assimilés. Cumuler un arrêt maladie et quelques mois de salaire la même année ne vous en donnera donc jamais cinq.
Chômage : Combien de trimestres et de points ?
Parmi toutes ces périodes, le chômage est la plus fréquente : indemnisé, il valide un trimestre tous les 50 jours, quatre par an au maximum, et donne aussi des points Agirc-Arrco. Le chômage non indemnisé compte de façon limitée, on le détaille dans notre page sur le chômage non indemnisé et la retraite.
Le RSA, lui, ne valide aucun trimestre : voyez notre page sur la retraite au RSA. Tout le reste, création d'entreprise comprise, est dans notre guide sur le chômage et la retraite.
Arrêt maladie, accident du travail, invalidité : Vos trimestres sont-ils protégés ?
Après le chômage, venons-en à la santé, et je commence par la bonne nouvelle. Une période de santé difficile ne vous fait pas perdre vos trimestres, à condition d'être indemnisée. Il y a trois cas à connaître, et ils ne fonctionnent pas tout à fait de la même façon.
Arrêt maladie et mi-temps thérapeutique
Le cas le plus courant, c'est l'arrêt maladie. Chaque période de 60 jours d'arrêt indemnisé valide un trimestre, si bien que quatre mois d'arrêt, soit environ 120 jours, valident deux trimestres. Le détail est dans notre page sur l'arrêt maladie et la retraite.
Le mi-temps thérapeutique a ses propres règles, que l'on explique dans notre page sur le mi-temps thérapeutique et la retraite. Et si c'est un épuisement professionnel qui vous a arrêté, voyez notre page sur le burn out et la retraite.
Rente d'accident du travail
Après un accident du travail, deux périodes se succèdent. Pendant l'arrêt lui-même, c'est la règle des 60 jours qui s'applique. Ensuite, si vous touchez une rente pour une incapacité d'au moins 66 %, chaque trimestre civil avec trois mensualités valide un trimestre.
Pour une incapacité plus faible, voyez notre page sur la rente IPP et la retraite, où les autres effets d'un accident du travail sur la retraite sont aussi détaillés.
Et il y a une piste que beaucoup ignorent. Il existe un départ anticipé pour incapacité d'origine professionnelle : dès 60 ans avec un taux d'au moins 20 %, au taux plein. C'est l'une des pistes de la retraite anticipée pour raison de santé.
Les anciens salariés exposés à l'amiante, eux, ont un dispositif à part, la préretraite amiante, avec ses propres conditions.
Pension d'invalidité
Reste l'invalidité. Une pension d'invalidité valide un trimestre par trimestre civil qui compte trois mensualités, autrement dit une année complète d'invalidité vaut quatre trimestres. Les catégories d'invalidité sont expliquées dans notre page sur l'invalidité de catégorie 1.
À 62 ans, quelle que soit votre génération, la pension d'invalidité s'arrête en principe. Elle est remplacée par une retraite pour inaptitude, versée au taux plein quel que soit votre nombre de trimestres. Si vous travaillez encore, en revanche, la pension d'invalidité peut continuer.
Comme les deux notions se confondent souvent, on a fait une page à part sur la différence entre inaptitude et invalidité. Elle vaut le détour si vous êtes dans ce cas.

Handicap : Peut-on partir plus tôt à la retraite ?
Le handicap, lui, ne joue pas seulement sur vos trimestres, il peut aussi avancer la date. La retraite anticipée des assurés handicapés est en effet possible dès 55 ans, au taux plein, avec un taux d'incapacité d'au moins 50 % sur la durée cotisée exigée. La RQTH ne compte que pour les périodes antérieures à 2016, voir la RQTH et la retraite.
Avec l'AAH, l'inaptitude est reconnue d'office à l'âge minimum de départ, voir l'AAH et la retraite. Toutes les conditions sont dans notre page sur la retraite anticipée pour handicap.
Enfants, congé parental, parent au foyer : Quels trimestres en plus ?

Les enfants, maintenant, et c'est souvent là que se cachent les trimestres oubliés : au régime général, chaque enfant peut apporter jusqu'à 8 trimestres, 4 pour la maternité ou l'adoption et 4 pour l'éducation. Le congé parental et la retraite suivent une autre règle, et la Caf cotise parfois pour vous via l'assurance vieillesse du parent au foyer.
Les trimestres pour les enfants du conjoint et la retraite d'un parent d'enfant handicapé ont leurs propres conditions. Tout est réuni dans notre page sur les trimestres pour enfants et la retraite.
Service militaire ou service civique : Est-ce compté ?
Pour beaucoup d'entre vous, il reste une période à ne pas oublier, et la réponse est oui : le service national valide un trimestre assimilé pour 90 jours. Le service civique, lui, valide des trimestres grâce aux cotisations versées sur l'indemnité. Pour les périodes de réserve, voyez notre page sur les réservistes et la retraite, et pour le reste, notre page sur le service militaire et la retraite.
Ces trimestres ont-ils une limite, et comptent-ils pour la carrière longue ?
Je vous avais promis d'y revenir, et voici sans doute la question qui compte le plus pour ceux qui ont commencé à travailler jeunes. D'autant que la réponse a changé le 1er septembre 2026.
Le plafond de trimestres assimilés
Pour le taux plein, la limite principale reste celle de quatre trimestres par année civile. Mais certaines périodes ont en plus leur propre plafond : le chômage non indemnisé, par exemple, est limité à quelques trimestres selon votre situation.
L'année de votre départ, une autre règle s'ajoute : les périodes assimilées ne peuvent pas dépasser le nombre de trimestres déjà écoulés. Les trimestres d'enfants, eux, échappent à cette logique, puisqu'ils ne sont rattachés à aucune année et s'ajoutent simplement au total.
Ceux qui sont retenus pour la carrière longue
Pour la carrière longue, en principe, seuls les trimestres cotisés comptent. Mais selon l'Assurance retraite, certains trimestres assimilés sont « réputés cotisés », c'est-à-dire traités comme s'ils l'étaient, dans ces limites :
| Période | Trimestres réputés cotisés |
|---|---|
| Service national | 4 au maximum |
| Chômage indemnisé et activité partielle | 4 au maximum |
| Maladie et accident du travail | 4 au maximum |
| Maternité | Sans limite |
| Pension d'invalidité | 2 au maximum |
| Parent au foyer et aidant | 4 au maximum |
| Enfants, depuis le 1er septembre 2026 | 2 au maximum |
Regardez bien l'avant-dernière ligne : les trimestres validés comme aidant familial pour la retraite entrent dans la même limite de quatre que ceux de parent au foyer. Les deux ne s'additionnent donc pas au-delà de ce plafond.
Et maintenant, attention à l'erreur qui circule partout sur la dernière ligne, celle des enfants. Ce n'est pas deux trimestres par enfant. C'est deux trimestres par personne, sur toute la carrière. Trois enfants ne donnent pas six trimestres, ils en donnent deux.
Je sais, c'est décevant. Mais quand il vous en manquait un ou deux, c'est exactement ce qui peut faire basculer un dossier. Cette règle vaut pour les retraites qui démarrent à partir du 1er septembre 2026.
Ces périodes figurent-elles bien sur votre relevé de carrière ?
Seulement voilà. Ces trimestres, vous les avez gagnés, mais ils ne servent à rien s'ils n'apparaissent pas sur votre relevé. Et ce n'est pas rare : en 2025, une retraite sur neuf attribuée à d'anciens salariés comportait une erreur financière, selon la Cour des comptes.
Et plus de la moitié des erreurs définitives viennent de données de carrière absentes ou fausses. Autrement dit, les périodes dont on parle ici font partie de ce qu'il faut vérifier en priorité, et vous êtes la personne la mieux placée pour le faire.
Les périodes à vérifier en premier
Ouvrez votre relevé sur info-retraite.fr et cherchez les années qui affichent moins de quatre trimestres. Puis posez-vous la question : que faisiez-vous cette année-là ? Une période de chômage, surtout sans indemnisation ? Un long arrêt maladie, un accident du travail ? Un congé maternité, un congé parental ? Votre service militaire ?
Attention, certaines absences laissent un vide sans qu'il y ait forcément d'erreur. C'est le cas du congé sabbatique, que l'on explique dans notre page sur le congé sabbatique et la retraite. Il faut donc chercher la raison de chaque trou avant de crier à l'oubli.
Si une période manque vraiment, le service « Corriger ma carrière » de votre compte retraite permet de la signaler à partir de 55 ans. Faites-le avant de déposer votre demande de retraite, pas après.
Les justificatifs à rassembler
Pour prouver une période, la caisse a besoin d'un papier, et c'est votre parole contre son fichier tant que vous n'en avez pas. Rassemblez ce que vous avez :
- les attestations de France Travail, ou de l'ancien Pôle emploi ;
- les décomptes d'indemnités journalières de votre caisse d'assurance maladie ;
- votre état signalétique et des services, ou votre livret militaire ;
- votre livret de famille, pour les enfants ;
- les notifications de pension d'invalidité ou de rente.
Gardez-les toute votre vie. Ce sont parfois les seules preuves qui restent, trente ans après.
Votre liste de vérification
Avant de refermer votre relevé, repassez sur ces quelques points :
- Chaque année de votre relevé affiche-t-elle quatre trimestres ? Sinon, notez pourquoi.
- Vos périodes de chômage, de maladie et de maternité apparaissent-elles ?
- Votre service militaire est-il inscrit ?
- Vous visez la carrière longue ? Comptez vos trimestres réputés cotisés, avec leurs limites.
- Vos justificatifs sont-ils rangés au même endroit ?
Prenez une heure, votre relevé et un crayon. C'est souvent là que se cachent les trimestres qui manquent.
