Vous reprenez à mi-temps thérapeutique après un arrêt, ou vous y êtes depuis des mois, et vous vous demandez ce que ça coûte à votre retraite ? Dans la plupart des cas, aucun trimestre ne se perd, car votre salaire à temps partiel suffit souvent à valider les quatre de l'année. L'effet se joue plutôt sur le montant, et sur quelques cas limites à repérer.
Au sommaire (7 parties)
- Valide-t-on des trimestres en mi-temps thérapeutique ?
- Salaire et indemnités journalières : Qu'est-ce qui compte ?
- Et si votre salaire ne suffit pas pour valider 4 trimestres ?
- Quel effet sur le montant de la pension ?
- Mi-temps thérapeutique juste avant la retraite : Les points d'attention
- Contrôler les trimestres de ces années sur votre relevé
- Mi-temps thérapeutique et retraite : Vos vérifications
Valide-t-on des trimestres en mi-temps thérapeutique ?
Partons de ce que vous touchez pendant cette reprise, parce que c'est ça qui décide. Deux revenus arrivent en même temps : un salaire, calculé sur les heures que vous travaillez, et des indemnités journalières de l'Assurance maladie, si son médecin conseil donne son accord. Pour la retraite, ces deux revenus ne jouent pas du tout le même rôle.
Le salaire fonctionne exactement comme celui d'un temps partiel classique. En 2026, 1 803 € bruts valident un trimestre et 7 212 € en valident quatre, le maximum sur une année civile. Autrement dit, ce sont les euros gagnés qui comptent, pas les heures passées au bureau.
Imaginons un salarié payé 2 400 € bruts par mois à temps plein, qui passe à mi-temps thérapeutique toute l'année. Son salaire tombe à 1 200 € par mois, soit 14 400 € sur l'année. Il dépasse les 7 212 € et valide ses quatre trimestres, sans même compter les indemnités. Même un mi-temps payé au Smic rapporte plus de 11 000 € bruts sur douze mois.
Et ces trimestres-là sont des trimestres cotisés, puisqu'ils viennent d'un vrai salaire. C'est important si vous visez un départ anticipé pour carrière longue, où les trimestres cotisés pèsent plus que les autres. La différence est expliquée dans notre page sur les trimestres cotisés ou validés.
Salaire et indemnités journalières : Qu'est-ce qui compte ?
Reste à savoir ce que deviennent les indemnités journalières, et c'est là que beaucoup s'emmêlent. Elles ne supportent pas de cotisation retraite. Pour un arrêt maladie, l'Assurance retraite l'explique simplement : vous ne cotisez pas, mais un trimestre « sans salaire » est reporté sur votre relevé tous les 60 jours indemnisés par la CPAM.
Ce sont des trimestres assimilés. Ils comptent pour la durée d'assurance, mais ils n'ajoutent aucun euro à votre salaire annuel moyen. Et comme on ne peut jamais dépasser quatre trimestres par année civile, tous motifs confondus, ils ne s'empilent pas sans fin avec ceux de votre salaire.
Pour les jours de temps partiel thérapeutique eux-mêmes, les fiches publiques des caisses ne détaillent pas comment ils sont reportés à côté du salaire. Dans la grande majorité des cas, la question ne se pose pas, puisque le salaire valide déjà les quatre trimestres. Si votre année est juste, demandez à votre Carsat comment elle a traité ces jours.
Côté montant, les indemnités valent 50 % de votre salaire journalier de base, sans dépasser 42,97 € bruts par jour. Elles ne peuvent pas non plus dépasser ce que vous perdez en salaire du fait de la réduction de votre temps de travail. Et service-public précise qu'elles peuvent être versées au maximum pendant quatre ans.
À l'Agirc-Arrco, la logique est différente. Pour un arrêt de plus de 60 jours consécutifs indemnisé, la caisse attribue des points sans cotisation, calculés sur la moyenne de vos points de l'année précédente. Mais le total des points cotisés et attribués sur l'année ne peut pas dépasser celui de cette année de référence. On ne gagne donc jamais plus de points qu'en travaillant normalement.

Et si votre salaire ne suffit pas pour valider 4 trimestres ?
Maintenant, il existe des années où le compte n'y est pas, et autant savoir lesquelles. Ce sont surtout les petites quotités sur un petit salaire, les reprises en fin d'année après un long arrêt complet, et l'année même de votre départ. Dans ces cas-là, un trimestre peut manquer sans que personne ne vous prévienne.
Regardez d'abord les jours d'arrêt complet de l'année, parce que chaque tranche de 60 jours indemnisés donne un trimestre assimilé. Un arrêt de janvier à avril suivi d'une reprise à mi-temps en mai peut ainsi combiner des trimestres d'arrêt et des trimestres de salaire. Il faut juste vérifier que le total de l'année atteint bien quatre.
Si une année reste incomplète malgré tout, le rachat existe. Le versement pour la retraite permet de racheter des années incomplètes, jusqu'à 12 trimestres en tout avec les années d'études. Ça a un coût, que vous pouvez simuler dans votre espace personnel de l'Assurance retraite, alors faites le calcul avant de signer quoi que ce soit.
Et si votre arrêt venait d'un épuisement au travail, notre page sur le burn out et la retraite détaille ces périodes. Même logique pour l'accident du travail et la retraite : pendant l'arrêt, c'est la règle des 60 jours indemnisés qui s'applique. Et si votre contrat s'est arrêté entre-temps, voyez notre page sur le chômage et la retraite.
Quel effet sur le montant de la pension ?

Les trimestres, c'est une chose. Le montant de la pension en est une autre, et c'est là que le mi-temps thérapeutique peut laisser une trace. La retraite de base se calcule sur le salaire annuel moyen de vos 25 meilleures années, 24 avec une majoration pour un enfant et 23 à partir de deux.
Si vous avez une longue carrière derrière vous, une année à mi-salaire a peu de chances de faire partie de ces meilleures années, et elle est alors tout simplement écartée. Le risque existe surtout pour les carrières courtes ou hachées : avec moins de 25 années de travail, toutes vos années entrent dans la moyenne, y compris celles à mi-temps.
Pour voir l'effet sur votre propre cas, notre page qui explique comment calculer sa retraite reprend la formule pas à pas. Et les indemnités journalières, encore une fois, n'ajoutent rien à ce salaire moyen.
Pour l'Agirc-Arrco, l'effet est plus direct, parce que chaque année compte dans le total des points. Moins de salaire, c'est moins de points cotisés. Regardez sur votre relevé de points si des points ont été attribués pour vos périodes indemnisées, avec la limite que l'on vient de voir.
Mi-temps thérapeutique juste avant la retraite : Les points d'attention
Reste la situation la plus délicate, celle du mi-temps thérapeutique qui tombe dans les derniers mois. Première chose, l'année du départ ne compte que les trimestres civils déjà écoulés. Service-public donne l'exemple d'un départ au 1er septembre : le décompte s'arrête au 30 juin, et même si votre salaire valide quatre trimestres, seuls deux sont retenus.
Deuxième chose, si vous visez une carrière longue, les trimestres de maladie et d'accident du travail ne sont réputés cotisés que dans la limite de quatre. Un long arrêt suivi d'un mi-temps peut donc peser sur ce calcul-là. Sinon, c'est l'âge légal de départ à la retraite qui s'applique, entre 62 ans et 9 mois et 64 ans selon votre année de naissance.
Et si votre santé ne vous permet pas de tenir jusque-là, d'autres voies existent. À 62 ans, quand on ne travaille plus, la retraite pour inaptitude prend le relais de la pension d'invalidité, au taux plein quel que soit le nombre de trimestres. C'est un sujet à part entière, à aborder avec votre médecin et votre caisse.
Vous êtes fonctionnaire ? Les règles ne sont pas les mêmes : pendant un temps partiel pour raison thérapeutique, vous gardez votre traitement indiciaire en totalité, dans la limite d'un an d'autorisation. Posez la question de l'effet sur votre pension à votre service des ressources humaines.
Enfin, finir sa carrière en mi-temps thérapeutique change aussi la façon dont on vit le départ. Notre page pour préparer sa retraite psychologiquement en parle sans détour. Et le jour venu, la marche à suivre est détaillée dans notre guide pour demander sa retraite.
Contrôler les trimestres de ces années sur votre relevé
Tout ça ne sert pas à grand-chose si ces périodes sont mal reportées, alors voici comment contrôler. Une année de mi-temps thérapeutique doit montrer le salaire réellement versé par votre employeur, et le cas échéant des trimestres assimilés pour maladie. Comparez le salaire au cumul annuel de votre dernier bulletin de paie, puis le nombre de trimestres à la règle des 1 803 €.
Gardez aussi vos attestations d'indemnités journalières. L'Agirc-Arrco s'appuie sur les arrêts déclarés par votre employeur, mais conseille de conserver ces attestations de la Sécurité sociale. Ce sont elles qui prouveront vos périodes si une ligne manque un jour.
Si vous trouvez une erreur, vous pouvez demander la correction en ligne à partir de 55 ans, dans votre compte retraite, rubrique « Corriger ma carrière ». Et si la situation est compliquée, écrivez à votre Carsat avec vos bulletins et vos attestations.
Mi-temps thérapeutique et retraite : Vos vérifications
Pour finir, voici la courte liste à garder sous la main si vous êtes ou avez été en mi-temps thérapeutique.
- Le salaire de chaque année atteint le seuil des quatre trimestres (7 212 € bruts en 2026).
- Les arrêts complets indemnisés apparaissent en trimestres assimilés.
- L'année du départ est calée sur les trimestres civils écoulés.
- Les attestations d'indemnités journalières sont rangées et gardées.
- Le relevé de points Agirc-Arrco reprend bien ces années.
Ces trimestres, vous les avez obtenus en tenant bon pendant une période difficile. Ça vaut le coup de vérifier qu'ils figurent bien sur vos relevés.
