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Prendre sa retraite à 70 ans ou après : Ce que prévoit la loi

Valérie dans une librairie de quartier referme un livre, pour expliquer la retraite à 70 ans

Par Valérie, La Bonne Retraite · publié le 17 octobre 2026

Vous avez passé la soixantaine et une question vous trotte dans la tête : peut-on vous pousser vers la sortie à 70 ans, ou au contraire continuer aussi longtemps que vous voulez ? Dans le privé, votre employeur peut vous mettre à la retraite sans votre accord à partir de 70 ans. Quant à une retraite à 70 ans obligatoire, elle n'existe pas en France.

Au sommaire (8 parties)
  1. Existe-t-il un âge limite pour travailler ?
  2. Mise à la retraite d'office à 70 ans : Comment ça marche ?
  3. Va-t-on vers une retraite à 70 ans en France ?
  4. Fonction publique : La limite d'âge
  5. Partir à 70 ans : Combien rapporte la surcote ?
  6. Travailler après 70 ans avec le cumul emploi-retraite
  7. Retarder son départ : Ce qu'on gagne et ce qu'on perd
  8. Ce qu'il faut retenir avant de décider

Existe-t-il un âge limite pour travailler ?

Commençons par ce point, parce qu'il est souvent mal compris. Dans le privé, la loi ne vous oblige pas à arrêter à un âge précis. L'âge légal de départ à la retraite est l'âge à partir duquel vous pouvez partir, pas celui où vous devez partir. Et rien ne vous oblige non plus à demander votre retraite à 67 ans : vous pouvez attendre.

Le code du travail prévoit autre chose : la mise à la retraite, autrement dit la possibilité pour l'employeur de rompre votre contrat parce que vous avez atteint un certain âge. Avant 67 ans, aucune convention ni aucun accord collectif ne peut prévoir de mise à la retraite d'office. Entre 67 et 69 ans, il faut votre accord. À partir de 70 ans, il ne le faut plus.

Une exception récente change la donne pour certains : le CDI senior, officiellement contrat de valorisation de l'expérience, créé en octobre 2025. Il s'adresse aux demandeurs d'emploi d'au moins 60 ans, ou 57 ans si un accord de branche le prévoit. Avec ce contrat, l'employeur peut vous mettre à la retraite sans votre accord dès que vous avez l'âge légal et le taux plein, ou à 67 ans.

Attention à une subtilité. La règle vaut même si vous aviez déjà 70 ans le jour de votre embauche. Un retraité qui reprend un poste à 71 ans peut donc être mis à la retraite par son nouvel employeur. Dans la fonction publique, en revanche, c'est une vraie limite d'âge qui s'applique, et on y revient plus bas.

Mise à la retraite d'office à 70 ans : Comment ça marche ?

Maintenant que le principe est posé, regardons la procédure, parce qu'elle protège davantage le salarié qu'on ne le croit. Tout commence avant vos 67 ans. Trois mois avant votre anniversaire, votre employeur peut vous demander par écrit si vous comptez partir. Vous avez alors un mois pour lui répondre.

Si vous dites non, il ne peut pas vous mettre à la retraite. Il a seulement le droit de vous reposer la question, de la même façon, chaque année jusqu'à votre 69e anniversaire inclus. Et s'il passe outre alors que les conditions ne sont pas remplies, la fiche de Service-public est claire : la rupture devient un licenciement pour motif personnel.

À 70 ans, la donne change : votre accord n'est plus nécessaire, et aucune procédure particulière n'est imposée, sauf si un accord collectif en prévoit une. Si vous êtes salarié protégé, l'employeur doit d'abord obtenir l'autorisation de l'inspection du travail. Dans tous les cas, vous avez droit à un préavis de la même durée qu'en cas de licenciement.

Et vous touchez une indemnité de mise à la retraite. Elle vaut au moins un quart de mois de salaire par année d'ancienneté pour les dix premières années, puis un tiers de mois à partir de la onzième. Imaginons 15 ans d'ancienneté et un salaire de référence de 2 500 € : cela donne 6 250 € plus 4 166,67 €, soit 10 416,67 € au minimum.

D'ailleurs, comparez avec un départ que vous décidez vous-même. L'indemnité de départ volontaire exige au moins dix ans d'ancienneté, et son minimum légal va d'un demi-mois de salaire à deux mois après trente ans de maison. Être mis à la retraite à 70 ans n'est donc pas forcément la plus mauvaise façon de partir.

Va-t-on vers une retraite à 70 ans en France ?

Reste la question qui fait peur, et je vais y répondre avec les textes, pas avec des rumeurs. Dans les règles en vigueur, l'âge légal le plus élevé est de 64 ans, pour les personnes nées à partir de 1969. C'est la retraite à 64 ans. Le taux plein automatique, lui, reste à 67 ans.

Et si l'on vous parle encore de la retraite à 62 ans, sachez que cet âge ne vaut plus que pour les générations nées avant septembre 1961. En France, 70 ans n'apparaît que dans deux cas : la mise à la retraite par l'employeur, et le plafond des prolongations dans la fonction publique.

À l'étranger, un pays est allé jusque-là : le Danemark. Le site officiel d'information des résidents, mis à jour le 17 juin 2026, indique un âge de la pension d'État de 70 ans pour les personnes nées à partir du 1er janvier 1971. Pour la France, tant qu'aucun texte n'est voté, rien ne change pour votre départ.

Fonction publique : La limite d'âge

Un artisan d'environ 70 ans travaille le bois dans son atelier

Changeons de décor, parce que les fonctionnaires vivent une autre réalité que les salariés du privé. Chez eux, la limite d'âge est une vraie date de fin : pour un fonctionnaire de catégorie sédentaire, elle est fixée à 67 ans, et la radiation des cadres tombe le lendemain de l'anniversaire. Pour les contractuels de la fonction publique, c'est aussi 67 ans.

Il existe quand même des prolongations. Un fonctionnaire sédentaire peut demander à rester en poste jusqu'à 70 ans. La demande se fait par écrit au moins six mois avant ses 67 ans, l'administration répond au moins trois mois avant, et un refus doit être motivé. Il faut aussi être apte physiquement.

D'autres reculs existent : jusqu'à dix trimestres pour une carrière incomplète, un an par enfant encore à charge dans la limite de trois ans, un an pour les parents d'au moins trois enfants vivants à leurs 50 ans. Mais toutes ces prolongations réunies ne peuvent jamais vous maintenir au-delà de 70 ans.

Pour les emplois de catégorie active, la limite est plus basse : 57, 59, 60, 61 ou 62 ans selon l'emploi, avec là aussi des possibilités de report, sauf pour les contrôleurs aériens. Si vous êtes dans ce cas, la fiche complète de Service-public détaille chaque corps.

Partir à 70 ans : Combien rapporte la surcote ?

Passons à l'argent, puisque c'est souvent ce qui motive à continuer. La surcote de retraite est une majoration de votre pension de base. Chaque trimestre civil entier travaillé après l'âge légal, au-delà des trimestres exigés pour le taux plein, ajoute 1,25 %. Autrement dit, plus vous restez longtemps après avoir réuni vos trimestres, plus votre pension grimpe.

Imaginons un salarié né le 10 mars 1966, qui a ses 172 trimestres le jour de ses 63 ans et 3 mois, le 10 juin 2029. Il continue à temps plein et part le 1er avril 2036, juste après ses 70 ans. La surcote compte les trimestres de juillet 2029 à mars 2036 : 27 trimestres, soit 33,75 % de plus sur sa retraite de base.

Ça paraît énorme, mais regardez bien ce qui n'augmente pas. Côté Agirc-Arrco, la majoration pour départ reporté ne concerne que les personnes qui remplissaient les conditions du taux plein avant le 1er décembre 2023. Pour les autres, la complémentaire ne gagne que les points cotisés pendant ces années en plus.

Et si, à 67 ans, il vous manque des trimestres ? Là, la décote a déjà disparu, puisque le taux plein est automatique à cet âge. Mais votre durée d'assurance augmente de 2,5 % par trimestre écoulé après 67 ans, que vous travailliez ou non.

Plus cette durée se rapproche du total exigé, plus votre pension se rapproche de son montant complet. Notre page sur la retraite à 67 ans détaille ce mécanisme.

Les âges clés de la retraite à 70 ans : âge légal, taux plein automatique, mise à la retraite d'office et surcote

Travailler après 70 ans avec le cumul emploi-retraite

Autre façon de rester actif : prendre sa retraite et continuer à travailler en même temps. Aujourd'hui, le cumul est intégral si vous avez obtenu toutes vos retraites, de base et complémentaires, avec le taux plein. À 70 ans, cette dernière condition est remplie d'office, puisque le taux plein est acquis à 67 ans.

Ce travail vous ouvre même de nouveaux droits depuis 2023, avec une seconde pension plafonnée à 2 403 € brut par an, une seule fois par caisse. Une précaution, cependant : si vous revenez chez votre dernier employeur, attendez six mois après votre départ, sinon votre pension de base est suspendue et cette reprise ne vous rapportera aucun nouveau droit.

Les règles changent pour les retraites qui démarrent à partir du 1er janvier 2027. Pour un départ à partir de 67 ans, la nouvelle règle annoncée par Service-public prévoit un cumul intégral, sans plafond, avec de nouveaux droits. Et n'oubliez pas qu'un employeur garde le droit de vous mettre à la retraite, même si vous avez été embauché après 70 ans.

Retarder son départ : Ce qu'on gagne et ce qu'on perd

Une fois tous ces éléments en main, reste à faire le tri, et c'est une décision très personnelle. Ce que vous gagnez se compte : de la surcote, des points de complémentaire en plus, et parfois des trimestres qui comblent une carrière incomplète. Ce que vous perdez se compte aussi, mais autrement : chaque année travaillée est une année de pension que vous ne touchez pas.

Le plus simple, c'est de mettre des chiffres en face. Faites une simulation de retraite à plusieurs dates sur info-retraite.fr, où vous pouvez modifier votre âge de départ et voir l'écart de montant. Vous saurez combien d'années de retraite il faut pour « rattraper » le salaire auquel vous renoncez, ou l'inverse.

Et si le vrai sujet, c'est l'envie de garder un pied dans le travail sans tout porter, il existe un entre-deux. La retraite progressive permet de réduire son activité en touchant une partie de sa pension. Quant au cap du départ lui-même, ça se prépare aussi dans la tête, et notre page pour préparer sa retraite psychologiquement donne des pistes concrètes.

Ce qu'il faut retenir avant de décider

Avant de signer pour quelques années de plus, prenez le temps de vérifier vos trimestres et de comparer deux ou trois dates de départ : c'est la meilleure façon de choisir en connaissance de cause.

Vos questions

Mon employeur peut-il me mettre à la retraite à 70 ans ?

Oui. Dans le privé, à partir de 70 ans, votre employeur peut vous mettre à la retraite sans votre accord, en respectant un préavis identique à celui d'un licenciement et en vous versant une indemnité de mise à la retraite. Entre 67 et 69 ans, il peut seulement vous le proposer, et vous pouvez refuser. Seule exception : le CDI senior, ou contrat de valorisation de l'expérience, qui permet à l'employeur de vous mettre à la retraite dès que vous avez le taux plein.

Y a-t-il un âge maximum pour travailler en France ?

Dans le privé, la loi ne vous oblige pas à arrêter à un âge précis : elle permet à l'employeur de vous mettre à la retraite à partir de 70 ans. Dans la fonction publique, il existe une limite d'âge, 67 ans pour les emplois sédentaires, avec des prolongations possibles jusqu'à 70 ans au maximum.

La retraite à 70 ans est-elle prévue en France ?

Non. Dans les règles en vigueur, l'âge légal le plus élevé est de 64 ans, pour les personnes nées à partir de 1969, et le taux plein automatique reste fixé à 67 ans. L'âge de 70 ans n'apparaît que pour la mise à la retraite par l'employeur et la limite des prolongations dans la fonction publique.

Combien rapporte la surcote si je travaille jusqu'à 70 ans ?

Chaque trimestre civil entier travaillé après l'âge légal, au-delà des trimestres exigés pour le taux plein, augmente la retraite de base de 1,25 %. Dans notre exemple d'un salarié né en mars 1966 qui part juste après ses 70 ans, cela représente 27 trimestres, soit 33,75 %.

Peut-on toucher sa retraite et travailler après 70 ans ?

Oui, avec le cumul emploi-retraite. Aujourd'hui, il est intégral si vous avez obtenu toutes vos retraites et le taux plein, ce qui est automatique à 67 ans. Pour les retraites qui démarrent à partir du 1er janvier 2027, le cumul sera intégral et sans plafond pour les départs à partir de 67 ans.

Sources officielles (vérifiées le 14 octobre 2026)
  1. Un employeur peut-il mettre d'office un salarié à la retraite ?, service-public.gouv.fr F13966 (vérifié le 17 novembre 2025)
  2. Contrat à durée indéterminée « de valorisation de l'expérience » (CDI senior), entreprendre.service-public.gouv.fr F39356 (vérifié le 1er janvier 2026)
  3. Code du travail, article L1237-5 (Code du travail numérique)
  4. Un salarié qui part à la retraite a-t-il droit à une indemnité de départ ?, service-public.gouv.fr F13965
  5. Jusqu'à quel âge peut-on travailler dans la fonction publique ?, service-public.gouv.fr F12395 (vérifié le 1er janvier 2026)
  6. Retraite du salarié du secteur privé : qu'est-ce que la surcote ?, service-public.gouv.fr F19643
  7. Demander sa retraite après 67 ans : quelles conséquences sur le montant ?, service-public.gouv.fr F32128
  8. Durée d'assurance retraite du salarié du secteur privé, service-public.gouv.fr F1761
  9. Montant de la retraite du salarié du secteur privé, service-public.gouv.fr F21552 (vérifié le 1er septembre 2026)
  10. Cumul emploi-retraite du salarié, service-public.gouv.fr F13243
  11. De nouvelles règles pour le cumul emploi-retraite à partir de 2027, service-public.gouv.fr (actualité du 22 mai 2026)
  12. Conditions d'ouverture de mes droits, Agirc-Arrco
  13. State pension, Life in Denmark (borger.dk, mis à jour le 17 juin 2026)

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