Vous avez eu un ou plusieurs enfants, et vous vous demandez ce que vos congés maternité ont changé pour votre retraite. Bonne nouvelle : ils comptent, de plusieurs façons. Elles ne se valent pas toutes, et c'est là qu'on se perd. Voyons ce que vous donnent vos congés, trimestres, salaire de référence et carrière longue, puis comment vérifier votre relevé.
Au sommaire (8 parties)
- Le congé maternité compte-t-il pour la retraite ?
- Combien de trimestres pour un congé maternité ?
- Les indemnités journalières entrent-elles dans le calcul de la pension ?
- Congé maternité et carrière longue : Les trimestres sont-ils retenus ?
- Congé d'adoption et congé de paternité : Quelles règles ?
- À ne pas confondre avec les trimestres pour enfants
- Vos congés maternité apparaissent-ils sur votre relevé ?
- À vérifier avant de déposer votre demande
Le congé maternité compte-t-il pour la retraite ?
Commençons par la question de fond. Pendant votre congé maternité, vous ne cotisez pas pour la retraite, puisque vous touchez des indemnités et non un salaire. Pourtant, la loi ne veut pas que cette période vous pénalise, alors elle la compte, à condition que vous soyez assurée sociale avant le début du congé.
Au total, le congé a trois effets. D'abord, il peut valider des trimestres dits assimilés, qui comptent pour la durée d'assurance. Ensuite, les indemnités versées entrent dans le calcul de votre revenu annuel moyen. Enfin, pour la retraite complémentaire, des points Agirc-Arrco peuvent vous être attribués sans cotisation si le congé indemnisé dépasse 60 jours consécutifs.
Et si vous avez été fonctionnaire, c'est plus simple encore : pour tous les fonctionnaires, les congés de maternité et d'adoption sont considérés comme des services effectifs, donc pris en compte dans le calcul de la retraite. Ces trimestres assimilés ne sont d'ailleurs qu'une catégorie parmi d'autres, que détaille notre page sur les trimestres assimilés.
Combien de trimestres pour un congé maternité ?
Maintenant que le principe est posé, passons au compte. Tout dépend de la date de naissance de votre enfant. Pour une naissance avant 2014, le trimestre civil de l'accouchement est validé, et c'est tout. À partir de 2014, un trimestre est validé pour chaque période de 90 jours d'indemnités journalières.
Un exemple, avec ses hypothèses : un congé légal de 16 semaines, soit 112 jours, ne contient qu'une période complète de 90 jours, il vaut donc un trimestre. Pour un troisième enfant, le congé de 26 semaines dure 182 jours, ce qui fait deux périodes de 90 jours, et deux trimestres.
Attention, ces trimestres ne s'ajoutent pas toujours. Une année civile ne peut pas compter plus de quatre trimestres, tous types confondus. Si vos salaires de l'année validaient déjà les quatre, le congé n'en ajoute pas, et vous ne verrez aucune ligne en plus sur le relevé. Ce n'est pas une erreur, c'est le plafond.
Si la mère décède à l'accouchement, la personne qui touche les indemnités à sa place, le père, le conjoint, le partenaire pacsé ou le concubin, bénéficie à son tour de trimestres assimilés. Pour d'autres périodes sans salaire, voyez nos pages sur le chômage et la retraite et sur l'accident du travail et la retraite.
Les indemnités journalières entrent-elles dans le calcul de la pension ?

Au-delà des trimestres, il y a le montant, et la réponse est oui. Un trimestre assimilé n'apporte pas de salaire, mais les indemnités de maternité, elles, sont reportées sur le relevé. Pour un congé qui commence à partir du 1er janvier 2012, elles sont retenues à 125 % de leur montant, avant prélèvements sociaux, et entrent dans le revenu annuel moyen.
Un exemple, avec ses hypothèses : 6 000 € d'indemnités versées après 2012 sont reportés pour 7 500 €. Le total du salaire et des indemnités reste limité au plafond de la Sécurité sociale de l'année, et ce sont les indemnités qui sont écrêtées en premier si le plafond est dépassé.
Pour un congé antérieur à 2012, c'est plus délicat. Les indemnités sont reportées sur une base forfaitaire. Et pour les retraites qui démarrent depuis le 1er septembre 2023, elles entrent dans le calcul quelle que soit la date du congé, alors que celles d'avant 2012 étaient ignorées auparavant. Il faut justifier d'une activité salariée l'année de la naissance ou la précédente.
Dernier élément, pour les parents concernés. Avec certaines majorations pour enfants, on retient 24 meilleures années de revenus au lieu de 25 pour un enfant, et 23 à partir de deux. Mais l'Assurance retraite le précise : ce nouveau calcul n'est pas encore appliqué aux nouveaux retraités. Il le sera courant 2027, avec un recalcul automatique et rétroactif, sans démarche de votre part.
Congé maternité et carrière longue : Les trimestres sont-ils retenus ?
Voici sans doute la question qui compte le plus si vous avez commencé à travailler jeune. Pour la retraite anticipée pour carrière longue, il faut des trimestres cotisés, et un trimestre assimilé n'y entre normalement que dans certaines limites. Ici, bonne nouvelle : les périodes de maternité et d'adoption indemnisées sont retenues comme cotisées, sans limite de nombre.
Il ne faut pas les confondre avec les majorations pour enfants, qui sont un autre mécanisme. Depuis le 1er septembre 2026, ces majorations entrent aussi dans la carrière longue, mais dans la limite de 2 trimestres sur toute la carrière, et non par enfant. Les congés maternité indemnisés, eux, ne sont pas pris dans ce plafond.
Un exemple, avec ses hypothèses : deux congés maternité de 16 semaines après 2014 donnent deux trimestres réputés cotisés. Les majorations pour enfants peuvent s'y ajouter, dans la limite de deux, soit quatre trimestres au plus au titre de ces deux naissances, pour une retraite à partir du 1er septembre 2026.
Reste une règle commune : le total des trimestres cotisés et réputés cotisés ne dépasse jamais quatre pour une même année civile. Pensez-y quand vous comptez, parce qu'un congé qui tombe sur une année déjà pleine ne rapporte rien de plus.
Congé d'adoption et congé de paternité : Quelles règles ?
Les congés de naissance ne sont pas réservés aux mères biologiques, alors regardons les autres situations. Elles obéissent à des règles voisines, mais pas identiques, et c'est sur les différences qu'on se trompe.
Congé d'adoption
L'adoption suit la même mécanique que la maternité : un trimestre est validé pour chaque période de 90 jours d'indemnités journalières de repos qui se termine après le 31 décembre 2013. Le congé dure 16 semaines au plus, davantage en cas d'adoptions multiples ou de famille nombreuse. Pour la carrière longue, ces périodes sont retenues comme cotisées, comme celles de la maternité.
Congé de paternité
Le congé de paternité est plus court : 25 jours au plus, 32 en cas de naissances multiples. Les listes de périodes assimilées de l'Assurance retraite citent la maternité, l'adoption et le congé supplémentaire de naissance, mais pas ce congé.
L'article R. 351-12 du code de la sécurité sociale ne vise pas non plus ses indemnités : le congé de paternité n'est donc pas une source de trimestres. En cas de doute sur votre cas, interrogez votre caisse.
Cela dit, un nouveau congé concerne les deux parents. Le congé supplémentaire de naissance existe depuis le 1er juillet 2026, d'un ou deux mois pour chacun, pour les enfants nés ou adoptés à compter du 1er janvier 2026. Une période de 58 jours indemnisés valide un trimestre assimilé, un seul par parent, si vous étiez assuré social avant, et aucun salaire n'est reporté sur le relevé.

À ne pas confondre avec les trimestres pour enfants
Le congé maternité valide des trimestres sur l'année où il a lieu. Les majorations pour enfants sont un tout autre mécanisme : dans le privé, chaque enfant peut valoir jusqu'à 8 trimestres, 4 pour la maternité ou l'adoption et 4 pour l'éducation, sans rattachement à une année.
Tout est détaillé dans notre page sur les trimestres pour enfants, et le congé parental suit une autre règle, expliquée dans notre page sur le congé parental et la retraite.
Vos congés maternité apparaissent-ils sur votre relevé ?
Reste à vérifier que tout cela est bien inscrit. Votre relevé de carrière se consulte sur info-retraite.fr, rubrique « Ma carrière », puis « Voir ma carrière ». Cherchez l'année de chaque naissance : vous devriez y trouver le trimestre de l'accouchement pour une naissance avant 2014, ou les trimestres liés aux indemnités ensuite.
Si une ligne manque, ce n'est pas forcément une erreur : une année déjà pleine ne gagne pas de trimestre de plus. Mais si vous êtes sûre de votre congé, la caisse d'assurance maladie transmet normalement les informations aux caisses de retraite. À défaut, il faut produire une attestation de votre caisse primaire et un justificatif de naissance ou d'adoption.
Attention aussi : les trimestres pour enfants ne figurent pas automatiquement sur le relevé. Déclarez vos enfants avec le service « Déclarer mes enfants » de votre compte retraite. Et à partir de 55 ans, le service « Corriger ma carrière » vous permet de signaler un oubli. Faites-le bien avant votre demande de retraite.
Votre carrière a pu connaître d'autres interruptions : voyez nos pages sur l'AAH et la retraite, la RQTH et la retraite et la retraite au RSA. Et si repasser en revue ces années vous remue, notre page pour préparer sa retraite psychologiquement peut vous accompagner.
À vérifier avant de déposer votre demande
Voici les points à passer en revue, naissance par naissance.
- Repérer l'année de chaque naissance ou adoption sur le relevé.
- Contrôler le trimestre de l'accouchement (avant 2014) ou ceux liés aux indemnités (depuis 2014).
- Vérifier que vos enfants sont déclarés sur info-retraite.fr.
- Garder les attestations de la caisse d'assurance maladie et les actes de naissance.
- Signaler tout oubli avec « Corriger ma carrière », avant la demande.
Ces mois passés à accueillir vos enfants comptent pour votre retraite. Il suffit de s'assurer que votre caisse les a bien inscrits.
