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Hospitalière, salariée ou libérale : Quelle retraite infirmière pour vous ?

Valérie explique la retraite infirmière à une infirmière d'une soixantaine d'années dans un couloir d'hôpital

Par Valérie, La Bonne Retraite · publié le 22 octobre 2026

Vous êtes infirmière, la retraite approche, et vous entendez tout et son contraire : 57 ans, 60 ans, 64 ans. Tout le monde a un peu raison, parce que votre retraite dépend de votre statut. À l'hôpital public, tout se joue entre catégorie active et sédentaire. En clinique, ce sont les règles du privé. En libéral, c'est la Carpimko. Je vous explique chaque cas.

Au sommaire (7 parties)
  1. Infirmière à l'hôpital public : Catégorie active ou sédentaire ?
  2. À quel âge une infirmière hospitalière peut-elle partir ?
  3. Comment se calcule la pension d'une infirmière de la fonction publique ?
  4. Infirmière salariée d'une clinique : Les règles du privé
  5. Infirmière libérale : La retraite de la Carpimko
  6. Hôpital, clinique puis libéral : Que vérifier sur son relevé ?
  7. Votre check-list avant de choisir votre date

Infirmière à l'hôpital public : Catégorie active ou sédentaire ?

Commençons par le cas le plus compliqué, celui de l'hôpital public, parce qu'une réforme de 2010 a coupé les infirmières en deux groupes. Jusque-là, le métier était classé en catégorie active, c'est-à-dire reconnu comme pénible, avec un départ anticipé à la clé.

La loi du 5 juillet 2010 a créé de nouveaux corps d'infirmiers en catégorie A, dont les emplois ne sont plus classés en catégorie active. Leur limite d'âge est fixée à 67 ans. L'ancien corps, en catégorie B, a été mis en extinction, le 1er décembre 2010 à l'hôpital et le 1er janvier 2013 dans la fonction publique territoriale.

Les infirmières en poste à ce moment-là ont eu un choix, appelé droit d'option. Soit rester en catégorie B et garder la catégorie active. Soit passer en catégorie A et la perdre, en échange d'un âge de départ dérogatoire. Celles recrutées ensuite dans le nouveau corps sont directement sédentaires.

Regardez donc votre parcours pour savoir dans quel groupe vous êtes. Si vous avez gardé l'ancien statut, il vous faut en principe 17 ans de services actifs, 15 à 17 ans selon la date où vous avez atteint vos 15 premières années. Et vous n'êtes pas obligée de finir votre carrière sur un poste actif : ce qui compte, c'est la durée accumulée.

À quel âge une infirmière hospitalière peut-elle partir ?

Maintenant que vous savez dans quel groupe vous êtes, les âges deviennent beaucoup plus simples à lire. Ils ont été revus pour les pensions qui prennent effet depuis le 1er septembre 2026. Si vous avez gardé la catégorie active avec vos années de services, voici votre âge de départ selon la CNRACL :

Vous êtes née Catégorie active (durée de services actifs remplie)
Avant le 1er septembre 1966 57 ans
De septembre à décembre 1966 57 ans et 3 mois
En 1967 57 ans et 6 mois
En 1968, 1969 ou de janvier à mars 1970 57 ans et 9 mois
D'avril à décembre 1970 58 ans
En 1971 58 ans et 3 mois
En 1972 58 ans et 6 mois
En 1973 58 ans et 9 mois
En 1974 et après 59 ans

Si vous êtes passée en catégorie A par le droit d'option, vous avez perdu le départ actif, mais pas tout. Vous gardez un âge dérogatoire, et la décote, cette réduction définitive pour trimestres manquants, disparaît à 65 ans au lieu de 67.

Vous êtes née Infirmière ayant opté pour la catégorie A
En 1964 60 ans et 6 mois
En 1965, 1966 ou de janvier à mars 1967 60 ans et 9 mois
D'avril à décembre 1967 61 ans
En 1968 61 ans et 3 mois
En 1969 61 ans et 6 mois
En 1970 61 ans et 9 mois
En 1971 et après 62 ans

Enfin, si vous avez été recrutée directement en catégorie A, vous partez comme les sédentaires. C'est 62 ans et 9 mois si vous êtes née de 1963 à mars 1965, 63 ans d'avril à décembre 1965, puis trois mois de plus par année, jusqu'à 64 ans à partir de 1969. Ce sont les mêmes repères que l'âge légal de départ à la retraite du privé.

Il reste un cas particulier. Les infirmières restées en catégorie B ont pu passer en catégorie A plus tard, par un concours réservé organisé au plus tard en septembre 2024. Celles qui avaient déjà leurs 17 ans de services actifs en le passant ont gardé leur départ anticipé. Et pour toutes, la retraite anticipée pour carrière longue existe aussi à la CNRACL.

Comment se calcule la pension d'une infirmière de la fonction publique ?

Une infirmière d'environ 60 ans range son stéthoscope dans son casier avant la retraite

Vous connaissez votre âge. Reste la question qui compte autant : combien ? La règle est celle de toute la retraite dans la fonction publique, et elle tient en une ligne : traitement indiciaire brut × 75 % × trimestres de services / trimestres exigés.

Le traitement retenu, c'est celui de l'indice que vous détenez depuis au moins six mois au moment de partir. Les primes n'y entrent pas. Si vous êtes à temps partiel, c'est le traitement à temps plein qui sert de base, mais vos trimestres à temps partiel comptent au prorata pour le calcul. La nouvelle bonification indiciaire, la NBI, vous donne en plus un supplément de pension.

Passons aux chiffres, avec des hypothèses posées clairement. Une infirmière née en 1966, passée en catégorie A par le droit d'option, est au même indice depuis plus de six mois, avec un traitement brut de 3 000 € par mois. Elle a 160 trimestres de services à l'hôpital et 12 trimestres de clinique avant.

Cela fait 172 trimestres en tout. Sa pension CNRACL vaut donc 3 000 × 75 % × 160 / 172, environ 2 093 € brut par mois.

Pas de décote pour elle, puisqu'elle a ses 172 trimestres tous régimes confondus, et sa retraite de clinique s'ajoute à part. S'il lui en manquait, la décote de retraite retirerait 1,25 % par trimestre manquant, 20 trimestres au plus. À l'inverse, une petite pension à taux plein est relevée au minimum garanti, 1 366,35 € brut par mois avec 40 ans de services.

Ce n'est pas tout : il existe deux coups de pouce propres à l'hôpital. Avec les conditions de la catégorie active, vous recevez quatre trimestres de majoration par tranche de 10 années de services, utiles seulement pour éviter la décote. Et vos primes, dans la limite de 20 % de votre traitement, vous donnent des points à la retraite additionnelle de la fonction publique, la RAFP.

Infirmière salariée d'une clinique : Les règles du privé

Changeons de décor. Si vous travaillez en clinique privée, ou si vous avez été contractuelle à l'hôpital, vous dépendez de l'Assurance retraite, comme n'importe quel salarié du privé. Pas de catégorie active ici : vous partez à l'âge légal, entre 62 ans et 9 mois et 64 ans selon votre naissance.

Votre retraite de base vaut au plus 50 % de votre salaire annuel moyen, calculé sur vos 25 meilleures années, 24 avec un enfant et 23 à partir de deux. C'est ce qu'explique notre page sur le calcul de la retraite de base. S'il vous manque des trimestres avant 67 ans, ce taux de 50 % baisse de 0,625 % par trimestre manquant.

À cette retraite de base s'ajoute la complémentaire Agirc-Arrco, calculée en points. Et si votre carrière mélange hôpital public et clinique, vous toucherez deux retraites de base, une par caisse, mais le taux plein se juge sur tous vos trimestres réunis.

Infirmière libérale : La retraite de la Carpimko

Si vous exercez en libéral, le paysage change encore. Votre caisse, c'est la Carpimko, la caisse des infirmiers, kinés, pédicures-podologues, orthophonistes et orthoptistes libéraux. Elle gère trois retraites à la fois, toutes calculées en points : nombre de points × valeur du point, comme le détaille la Carpimko.

Régime de base

Il est géré pour le compte de la caisse nationale des professions libérales. L'âge minimum est le même que dans les autres régimes de base, et le taux plein automatique arrive à 67 ans. Le point vaut 0,6599 € depuis le 1er janvier 2026. Sans tous vos trimestres, tous régimes confondus, la décote est de 1,25 % par trimestre manquant, avec un maximum de 25 %.

Régime complémentaire

Il suit les mêmes conditions d'âge et de taux plein que le régime de base. Son point vaut 21,48 € en 2026. Si vous continuez à exercer après l'âge du taux plein, chaque trimestre civil vous donne 1,25 % de plus, dans la limite de 20 trimestres. Avec trois enfants ou plus, la base et la complémentaire sont majorées de 10 %.

L'avantage social vieillesse (ASV)

C'est le régime propre aux auxiliaires médicaux. Selon la Carpimko, sur sa cotisation forfaitaire actuelle de 671 €, 447 € sont payés par l'Assurance maladie. Il a ses propres âges : 60 ans au plus tôt, et le taux plein à 65 ans. Avant, la décote dépend de l'âge, de 25 % à 60 ans à 5 % à 64 ans. Le point vaut 1,50 €.

Et un dernier point pratique, qui piège souvent. La retraite libérale ne se déclenche pas toute seule. Il faut la demander, elle démarre au plus tôt le premier jour du trimestre civil suivant, et la Carpimko n'étudie le dossier que si toutes vos cotisations sont réglées.

Comparatif de la retraite infirmière : hospitalière CNRACL, salariée de clinique et libérale Carpimko

Hôpital, clinique puis libéral : Que vérifier sur son relevé ?

Vous l'avez vu, beaucoup d'infirmières ont connu deux ou trois statuts. Et c'est justement dans les passages de l'un à l'autre que les erreurs se cachent. Votre relevé tous régimes se consulte sur l'espace Ma retraite publique ou sur info-retraite.fr, et à partir de 55 ans, vous pouvez demander à corriger votre carrière.

Regardez en priorité vos services actifs : chaque période doit apparaître comme telle, sinon votre départ anticipé recule de plusieurs années. Vérifiez la date de votre option si vous êtes passée en catégorie A, vos temps partiels et leur quotité, votre NBI, puis vos années de clinique et vos points Carpimko. Pour une erreur CNRACL, c'est votre dernier employeur public qu'il faut contacter.

Votre check-list avant de choisir votre date

Pour finir, voici les cinq vérifications à faire, dans cet ordre.

Comme pour les enseignants, dont la retraite est détaillée dans notre tableau de retraite des profs des écoles, tout part de votre statut. Pour comparer avec les autres régimes de retraite, notre page d'ensemble vous attend. Et quitter le soin après trente ans n'est pas anodin : prenez aussi le temps de préparer sa retraite psychologiquement.

Vos questions

À quel âge une infirmière peut-elle partir à la retraite ?

Tout dépend de son statut. Une infirmière hospitalière restée dans l'ancien corps de catégorie B, avec au moins 17 ans de services actifs, part entre 57 et 59 ans selon sa naissance. Une infirmière de catégorie A recrutée dans le nouveau corps, une salariée de clinique ou une libérale part à l'âge légal, de 62 ans et 9 mois à 64 ans.

Une infirmière passée en catégorie A peut-elle partir avant 62 ans ?

Oui, si elle avait le droit d'option et a choisi d'intégrer le nouveau corps : elle bénéficie d'un âge dérogatoire, de 60 ans et 6 mois pour une naissance en 1964 à 62 ans à partir de 1971. La décote est alors annulée à 65 ans.

Combien touche une infirmière hospitalière à la retraite ?

Au maximum 75 % de son dernier traitement indiciaire brut détenu depuis au moins six mois, avec une carrière complète. Les primes n'entrent pas dans ce calcul : elles donnent des points à la retraite additionnelle (RAFP), dans la limite de 20 % du traitement.

Quelle est la caisse de retraite d'une infirmière libérale ?

La Carpimko, qui gère pour les infirmiers libéraux le régime de base pour le compte de la CNAVPL, le régime complémentaire et l'avantage social vieillesse (ASV). La retraite ne vient pas toute seule : il faut la demander et être à jour de ses cotisations.

Les années à l'hôpital et en libéral s'additionnent-elles ?

Pour le nombre de trimestres qui décide du taux plein, oui : tous les régimes de base comptent. En revanche, chaque caisse calcule ensuite sa propre pension sur ses propres périodes, et vous recevez plusieurs retraites.

Sources officielles (vérifiées le 14 octobre 2026)
  1. Statuts particuliers des personnels paramédicaux, infirmiers et cadres de santé, CNRACL (mis à jour le 4 septembre 2025)
  2. Départ anticipé pour catégorie active, CNRACL (mis à jour le 1er septembre 2026)
  3. Âge légal de départ à la retraite, CNRACL (mis à jour le 9 septembre 2026)
  4. Âge légal pour les fonctionnaires relevant de la catégorie active, documentation juridique CNRACL (mise à jour le 1er septembre 2026)
  5. Conséquences des réformes statutaires en matière de droit à pension, documentation juridique CNRACL (mise à jour le 1er septembre 2026)
  6. Conditions de départ anticipé au titre de la catégorie active, documentation juridique CNRACL
  7. Majoration de durée d'assurance pour la fonction publique hospitalière, documentation juridique CNRACL
  8. Le calcul de la pension, CNRACL (mis à jour le 7 juillet 2026)
  9. La décote et la surcote, CNRACL
  10. La nouvelle bonification indiciaire (NBI), CNRACL (mise à jour le 16 juin 2026)
  11. Vérifier ma carrière tous régimes confondus, CNRACL (mis à jour le 7 juillet 2026)
  12. Montant de la retraite de l'agent public, service-public.gouv.fr F21142 (vérifié le 1er septembre 2026)
  13. Retraite complémentaire d'un fonctionnaire (Rafp), service-public.gouv.fr F12387 (vérifié le 9 janvier 2026)
  14. Montant de la retraite du salarié du secteur privé, service-public.gouv.fr F21552 (vérifié le 1er septembre 2026)
  15. Comment ma retraite libérale est-elle calculée ?, Carpimko
  16. À quel âge prendre ma retraite, Carpimko
  17. Les conditions d'obtention, Carpimko
  18. Mes cotisations s'adaptent à mes revenus de professionnel libéral, Carpimko
  19. Un organisme de Sécurité sociale, Carpimko

La Bonne Retraite est un média indépendant : nous ne sommes pas une caisse de retraite, et cette page explique des règles générales sans remplacer un conseil personnalisé.