La retraite des agents d'EDF, d'Engie, d'Enedis ou de GRDF est calculée et versée par la CNIEG, la caisse du régime spécial des industries électriques et gazières, qu'on appelle les IEG. Ce régime a ses propres âges, plus précoces avec des services actifs, et un calcul sur le salaire de fin de carrière. Voyons qui en relève, puis l'âge de départ et le montant.
Au sommaire (8 parties)
- Qui relève du régime des industries électriques et gazières ?
- À quel âge peut-on partir à la retraite chez EDF ou Engie ?
- Comment se calcule la pension IEG ?
- Combien touche un retraité d'EDF en moyenne ?
- Embauché récemment : Quelle retraite ?
- Quitter EDF ou Engie avant la retraite : Que deviennent vos droits ?
- La CNIEG : Contacts et demande de pension
- Votre départ des IEG en cinq vérifications
Qui relève du régime des industries électriques et gazières ?
Avant de parler d'âge et d'argent, il faut savoir si vous êtes vraiment concerné, parce que tous les salariés du secteur ne le sont pas. Le régime des IEG couvre le personnel des entreprises qui produisent, transportent, distribuent ou vendent de l'électricité et du gaz en France : EDF, Engie, RTE, GRDF, Enedis, Storengy, Elengy, Natran et d'autres.
C'est un régime spécial de Sécurité sociale, légal et obligatoire, dont les règles de retraite figurent dans l'annexe 3 du statut national du personnel. La CNIEG, créée en 2005, gère la vieillesse, les accidents du travail, les maladies professionnelles, l'invalidité et le décès. L'assurance maladie, elle, dépend d'une autre caisse, la CAMIEG.
Comme la retraite SNCF, ce régime spécial se ferme peu à peu. Seuls les agents embauchés au statut avant le 1er septembre 2023 y restent affiliés pour leur retraite. Le régime est bien adossé financièrement à la Cnav et à l'Agirc-Arrco, mais c'est une affaire entre caisses : pour vous, c'est la CNIEG qui calcule et verse la pension.
À quel âge peut-on partir à la retraite chez EDF ou Engie ?

Passons maintenant à la question que tout le monde pose en premier. Une précision d'abord : selon la CNIEG, la suspension de la réforme de 2023, votée dans la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, ne concerne pas le régime des IEG. Pour les agents entrés avant le 1er septembre 2023, l'âge et la durée exigée ne bougent pas.
Ne vous fiez pas, du coup, aux tableaux de l'âge légal de départ à la retraite des salariés du privé, qui ont bougé au 1er septembre 2026. Les IEG suivent leur propre calendrier.
Services sédentaires
Si vous n'avez pas de services actifs, votre âge d'ouverture du droit et la durée exigée pour le taux plein dépendent de votre année de naissance :
| Vous êtes né en | Âge de départ | Trimestres pour le taux plein |
|---|---|---|
| 1963 | 62 ans et 3 mois | 169 |
| 1964 | 62 ans et 6 mois | 170 |
| 1965 | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1966 | 63 ans | 171 |
| 1967 | 63 ans et 3 mois | 171 |
| 1968 | 63 ans et 6 mois | 172 |
| 1969 | 63 ans et 9 mois | 172 |
| 1970 et après | 64 ans | 172 |
S'il vous manque des trimestres, tous régimes confondus, la décote, cette réduction définitive de votre pension, est de 1,25 % par trimestre. Depuis 2025, elle disparaît trois ans après votre âge d'ouverture du droit, sauf exceptions, et au plus tard à 67 ans. Notre page sur la décote de retraite détaille le mécanisme.
Services actifs et insalubres
Si votre métier est reconnu pénible, on parle de services actifs ou insalubres, et c'est votre employeur qui fixe le taux de services actifs de votre emploi. Pour partir plus tôt à ce titre, il faut d'abord une ancienneté minimale dans les IEG : 15 ans, relevée peu à peu jusqu'à 17 ans pour ceux qui ont atteint leurs 15 ans en 2022 ou après.
Avec au moins 15 ans de services actifs, insalubres et militaires, vous pouvez partir à 56 ans et 8 mois si vous êtes né en 1966, et à 57 ans en 1967. Ensuite, chaque génération ajoute trois mois, jusqu'à 59 ans à partir de 1975. Entre 3 et 12 ans de services actifs, l'âge est avancé selon leur durée.
Pour une naissance en 1966, la CNIEG indique 61 ans et 9 mois avec 3 ans de services actifs et 60 ans et 6 mois avec 6 ans. Avec 9 ans, c'est 59 ans et 3 mois, et 58 ans avec 12 ans. Attention, un taux de services actifs de 50 % pendant 6 ans ne compte que pour 3 ans.
Regardez aussi la date à laquelle vous avez réuni ces années, parce que les durées ci-dessus valent pour des services actifs acquis au 31 décembre 2016. Après, elles augmentent de 4 mois par an : pour une durée atteinte en 2022 ou plus tard, les 3 ans deviennent 5 ans et les 15 ans deviennent 17 ans.
Ce n'est pas une voie marginale. Selon l'annuaire statistique de la CNIEG, 41,2 % des départs de 2025 se sont faits au titre des services actifs, insalubres et militaires, à 58,9 ans en moyenne, contre 63,9 ans pour les départs sans anticipation. D'autres départs anticipés existent aussi, pour carrière longue, handicap, invalidité ou au titre des enfants.
Pour la carrière longue, deux trimestres liés aux enfants peuvent être retenus pour les retraites prenant effet depuis le 1er septembre 2026, comme dans le privé. Si vous voulez comparer les dispositifs entre eux, notre page sur la retraite anticipée fait le tour de la question.
Comment se calcule la pension IEG ?
Vous savez quand partir. Reste à savoir combien, et c'est là que les IEG s'écartent du privé. La formule de la CNIEG tient en une ligne : salaire de référence × 75 % × trimestres IEG / trimestres requis, puis le coefficient de décote ou de surcote et la majoration pour enfants. Les 75 % sont atteints quand vos trimestres IEG égalent la durée requise.
Le salaire de référence, c'est votre niveau de rémunération et votre échelon détenus depuis au moins six mois au moment de partir, à la dernière valeur du salaire national de base, avec la majoration résidentielle. On y ajoute la gratification de fin d'année, le treizième mois. Et si vous êtes à temps partiel, le salaire est compté sur une base temps plein.
Attention au calendrier de vos promotions. Un échelon obtenu moins de six mois avant le départ ne compte pas, sauf départ après une invalidité, une longue maladie ou un accident du travail. La CNIEG donne l'exemple d'un agent passé à l'échelon 10 en février et parti le 1er juillet : sa pension est calculée sur l'échelon 9.
Mettons des chiffres sur la formule, avec des hypothèses volontairement simples. Un agent sédentaire né en 1966 part à 63 ans. Il a 160 trimestres dans les IEG et 171 tous régimes, soit la durée exigée pour sa génération. Son salaire de référence est de 3 000 € brut par mois, treizième mois en plus.
Sa pension IEG vaut 3 000 × 13/12 × 75 % × 160 / 171, soit environ 2 281 € brut par mois. Pas de décote, puisqu'il a ses 171 trimestres. Ses 11 trimestres hors IEG, par exemple des années de salarié agricole avant l'embauche, lui donnent une retraite à part. La retraite des salariés agricoles se calcule selon ses propres règles.
Dans le privé, la logique est tout autre : la retraite de base vaut au plus 50 % de la moyenne des 25 meilleures années, un peu moins d'années pour les parents, et l'Agirc-Arrco s'y ajoute. Notre page sur le calcul de la retraite de base l'explique pas à pas.

Combien touche un retraité d'EDF en moyenne ?
C'est souvent la question qu'on n'ose pas poser, alors allons-y franchement. La CNIEG ne publie pas de moyenne par entreprise, mais pour l'ensemble des IEG. D'après son annuaire statistique 2025, la pension moyenne de droit direct était de 3 308 € brut par mois au 1er janvier 2026, pour 136 001 retraités.
Pour les pensions liquidées en 2025, la moyenne monte à 3 623 € brut, avec un âge moyen de départ de 61,2 ans. Gardez du recul sur ces chiffres. Ce sont des montants bruts, majoration pour enfants comprise, qui ne contiennent pas les retraites versées par vos autres régimes.
Et une moyenne mélange cadres et agents d'exécution, carrières complètes et carrières courtes : elle ne dit rien de votre propre pension. Si vous craignez au contraire une petite retraite après un parcours haché, notre page sur le montant minimum de la retraite fait le point sur les planchers du privé.
Embauché récemment : Quelle retraite ?
Tout ce qui précède vaut pour les agents entrés avant le 1er septembre 2023. Pour les autres, le paysage change complètement. Depuis la réforme de 2023, les agents embauchés à partir de cette date ne relèvent plus du régime spécial pour leur retraite : leur retraite de base vient du régime général, et leur complémentaire de l'Agirc-Arrco.
Ils restent en revanche affiliés à la CNIEG pour les accidents du travail, les maladies professionnelles, l'invalidité et le décès. Pour leur retraite, ce sont donc l'âge légal, la durée exigée et le calcul des salariés du privé qui s'appliquent, avec les règles en vigueur au moment de leur départ.
Quitter EDF ou Engie avant la retraite : Que deviennent vos droits ?
Et si vous partez avant la fin, pour une autre entreprise ou une reconversion ? Rassurez-vous, les droits acquis ne s'évaporent pas. Un droit à pension statutaire vous est ouvert dès lors que vous avez été affilié au régime au moins un an. Vous la demanderez à la CNIEG le moment venu, et vos années ailleurs vous donneront d'autres retraites.
Ce que vous risquez de perdre, ce sont les avantages liés à la durée. Les départs anticipés, services actifs compris, demandent au moins 15 ans de services dans les IEG. Et le maintien à la retraite des avantages en nature énergie, des avantages familiaux statutaires et de l'affiliation à la CAMIEG suppose 15 ans d'ancienneté.
Si vous pensez revenir un jour, regardez la date et le motif de votre départ. Depuis le 1er septembre 2023, l'affiliation au régime spécial est maintenue 1 mois après une démission ou une rupture conventionnelle, et 1 an après un licenciement, sauf si vous travaillez entre-temps sous un autre régime. Pour un départ antérieur à cette date, le délai est de 10 ans.
La CNIEG : Contacts et demande de pension
Dernière étape, la plus pratique : comment joindre la CNIEG et demander votre pension sans rien oublier. Commencez par vérifier votre carrière dans le service Consulter ma carrière de votre espace personnel. Pour une période de moins de 5 ans, c'est votre employeur qui corrige. Au-delà, demandez-lui une attestation et transmettez-la à la caisse.
La retraite n'est jamais versée d'office. Prévenez d'abord votre employeur, puisque la pension ne peut être liquidée qu'après la rupture de votre contrat de travail. Faites ensuite votre demande en ligne, au moins 6 mois avant la date choisie : elle est préremplie, vous validez votre carrière et votre date de départ.
La CNIEG traite le dossier environ 3 mois avant le départ et vous envoie une pré-notification. La notification de pension arrive en recommandé la première semaine de retraite. Vous avez alors 2 mois pour la vérifier et demander des corrections, après quoi plus rien n'est modifié. La pension est ensuite payée d'avance, le premier jour ouvré du mois.
Pour la joindre, le plus rapide reste la messagerie de votre espace personnel, avec une réponse en une semaine en moyenne. Le téléphone, 02 40 84 01 84, répond le lundi, mardi, mercredi et vendredi, de 8 h 30 à 12 h et de 13 h 30 à 16 h 30. Par courrier : CNIEG, CS 60415, 44204 Nantes Cedex 2.
Votre départ des IEG en cinq vérifications
Avant de fixer votre date, contrôlez ces points :
- Votre date d'embauche au statut, avant ou après le 1er septembre 2023.
- Vos années de services actifs et leur taux, période par période.
- Votre ancienneté dans les IEG, au regard des 15 ans.
- Votre échelon, détenu depuis au moins six mois à la date choisie.
- Vos trimestres hors IEG, sur votre relevé tous régimes.
Pour comparer avec les autres régimes de retraite, notre page d'ensemble vous attend. Et quitter une entreprise où l'on a souvent fait toute sa carrière n'a rien d'anodin : prenez aussi le temps de préparer sa retraite psychologiquement.
