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Retraite aide soignante : Ce que changent votre statut et votre catégorie

Valérie parle de la retraite d'aide-soignante avec une soignante d'une soixantaine d'années dans une salle de pause

Par Valérie, La Bonne Retraite · publié le 23 octobre 2026

Vous êtes aide-soignante, la retraite se rapproche, et on vous parle à la fois de 57 ans, de catégorie B et de 64 ans. Tout dépend d'abord de votre employeur. À l'hôpital public, votre métier reste classé en catégorie active, avec un départ entre 57 et 59 ans selon votre naissance, si vous avez vos années de services. En clinique ou en Ehpad privé, ce sont les règles du privé.

Au sommaire (7 parties)
  1. Aide-soignante du public ou du privé : Quel régime ?
  2. À quel âge une aide-soignante peut-elle partir ?
  3. Le passage en catégorie B a-t-il changé la retraite ?
  4. Comment est calculée la pension d'une aide-soignante hospitalière ?
  5. Services actifs : Comment vérifier qu'ils sont bien comptés ?
  6. Les démarches auprès de la CNRACL
  7. Votre liste avant de choisir une date

Aide-soignante du public ou du privé : Quel régime ?

Avant de parler d'âge, il faut savoir qui vous versera votre retraite, parce que tout le reste en découle. Si vous êtes titulaire de la fonction publique hospitalière, votre caisse est la CNRACL, avec en plus la RAFP, la retraite additionnelle qui fait cotiser une partie de vos primes.

Si vous travaillez à l'hôpital en tant que contractuelle, sans être titulaire, votre retraite de base vient de l'Assurance retraite, comme dans le privé, et votre complémentaire de l'Ircantec. Et si vous êtes salariée d'une clinique, d'un Ehpad privé ou d'une association, c'est l'Assurance retraite pour la base et l'Agirc-Arrco pour la complémentaire.

Si votre parcours a mélangé ces statuts, chaque caisse calcule sa part. Pour situer votre cas parmi les régimes de retraite, notre page d'ensemble vous aide. Et si vous êtes titulaire, la retraite dans la fonction publique obéit à des règles communes que l'on retrouve plus bas.

À quel âge une aide-soignante peut-elle partir ?

Maintenant que vous savez de quelle caisse vous dépendez, la question de l'âge devient beaucoup plus simple. Elle se pose en trois cas, selon votre statut et vos années de services.

Catégorie active à l'hôpital

À l'hôpital public, l'emploi d'aide-soignant fait partie de la catégorie active, c'est-à-dire des emplois reconnus comme exposés à des fatigues exceptionnelles. Pour en profiter, il faut en principe 17 ans de services actifs, entre 15 et 17 ans selon la date à laquelle vous avez atteint vos 15 premières années.

Pour les pensions qui prennent effet depuis le 1er septembre 2026, voici votre âge de départ selon votre date de naissance, d'après la CNRACL :

Vous êtes née Âge de départ en catégorie active Trimestres pour le taux plein
De 1960 à 1965 57 ans Selon votre génération
De janvier à août 1966 57 ans 168
De septembre à décembre 1966 57 ans et 3 mois 169
En 1967 57 ans et 6 mois 169
En 1968, 1969 ou de janvier à mars 1970 57 ans et 9 mois 170
D'avril à décembre 1970 58 ans 171
En 1971 58 ans et 3 mois 172
En 1972 58 ans et 6 mois 172
En 1973 58 ans et 9 mois 172
En 1974 et après 59 ans 172

Bonne nouvelle, vous n'êtes pas obligée de finir votre carrière sur un poste actif : ce qui compte, c'est la durée accumulée. Et si vous partez dès cet âge sans tous vos trimestres, la décote, cette réduction définitive de la pension, disparaît de toute façon à 62 ans pour vous, au lieu de 67 ans pour les sédentaires.

Catégorie sédentaire

Si vous n'avez pas vos années de services actifs, parce que vous êtes devenue aide-soignante tard ou que vous avez longtemps occupé un autre poste, vous partez comme les sédentaires. C'est 62 ans et 9 mois si vous êtes née de 1963 à mars 1965, 63 ans d'avril à décembre 1965, puis trois mois de plus par année, jusqu'à 64 ans à partir de 1969.

Salariée d'une clinique ou d'un Ehpad privé

Dans le privé, il n'existe pas de catégorie active, et c'est le point qui fâche quand on fait exactement le même travail qu'à l'hôpital. Vous partez à l'âge légal de tous les salariés, de 62 ans et 9 mois à 64 ans selon votre naissance. Une retraite anticipée reste possible dans les cas prévus pour tous, par exemple pour une carrière longue.

Si vous travaillez de nuit, au moins une heure entre minuit et 5 heures pendant 100 nuits par an, c'est votre employeur qui déclare cette exposition à votre compte professionnel de prévention. Ses points peuvent notamment servir à obtenir des trimestres en plus pour partir plus tôt. Consultez votre compte de temps en temps, puisqu'il ne se remplit qu'avec ces déclarations.

Le passage en catégorie B a-t-il changé la retraite ?

Une aide-soignante d'environ 58 ans pousse un chariot de soins dans un couloir d'Ehpad

Passons à la question qui revient sans cesse depuis 2021. Le décret du 29 septembre 2021 a créé un nouveau corps pour les aides-soignants et les auxiliaires de puériculture de l'hôpital public. Depuis le 1er octobre 2021, il appartient à la catégorie hiérarchique B, un cran au-dessus de la catégorie C de l'ancien corps.

Rassurez-vous sur l'essentiel. La documentation juridique de la CNRACL le précise noir sur blanc : les fonctions restent identiques, et vos services relèvent toujours de la catégorie active. Votre départ anticipé n'a donc pas été touché.

Vous avez peut-être en tête l'histoire des infirmières, qui ont dû choisir entre un nouveau corps et la catégorie active. Rien de tel ici : les aides-soignantes ont intégré le nouveau corps en gardant leurs services actifs. Comme la pension se calcule sur l'indice détenu depuis six mois, c'est désormais la nouvelle grille qui sert de base.

Il y a toutefois une exception à connaître. Les aides-soignants qui exercent les fonctions d'aide médico-psychologique sont restés dans l'ancien corps, en catégorie C, et leurs services restent actifs. Les accompagnants éducatifs et sociaux en structure collective, rattachés à ce même corps, relèvent en revanche de la catégorie sédentaire.

Comment est calculée la pension d'une aide-soignante hospitalière ?

Vous connaissez votre âge, reste à savoir combien vous toucherez. La formule est celle de tous les fonctionnaires : traitement indiciaire brut × 75 % × trimestres de services / trimestres exigés. Le traitement retenu est celui de l'indice détenu depuis au moins six mois au moment de partir.

Vos primes n'entrent pas dans ce calcul. Elles cotisent à part à la RAFP, dans la limite de 20 % de votre traitement. Et ce 75 % est un maximum : s'il vous manque des trimestres, la décote retire 1,25 % par trimestre manquant, 20 trimestres au plus. Le détail est sur notre page sur le calcul de la retraite d'un fonctionnaire.

Il existe aussi un coup de pouce propre à l'hôpital. Si vous remplissez les conditions de la catégorie active, vous recevez quatre trimestres de majoration par tranche de dix années de services effectifs, au prorata pour une tranche incomplète. Ces trimestres ne gonflent pas le calcul de la pension, mais ils comptent pour échapper à la décote.

Pour bien voir l'effet, posons des hypothèses. Une aide-soignante née en 1968 a 150 trimestres de services à l'hôpital, tous en catégorie active, et 10 trimestres validés dans le privé avant. Son traitement brut est de 2 600 € par mois, au même indice depuis plus de six mois, et elle part à 57 ans et 9 mois.

Sa pension CNRACL vaut 2 600 × 75 % × 150 / 170, soit environ 1 721 € brut par mois, hors NBI et majorations. Ses 37 ans et demi de services lui donnent 15 trimestres de majoration : avec ses 160 trimestres, elle atteint 175, plus que les 170 exigés. Sans cette majoration, il lui en manquerait 10, et la décote réduirait sa pension de 12,5 %.

Services actifs : Comment vérifier qu'ils sont bien comptés ?

Vous l'avez compris, tout repose sur vos années de services actifs, alors autant s'assurer qu'elles sont toutes là. Et là, attention : une période mal classée, et c'est votre départ anticipé qui recule de plusieurs années.

Dans votre espace Ma retraite publique, la rubrique « Toute ma carrière » affiche votre parcours dans l'ordre chronologique, tous régimes confondus. Vérifiez que chaque période à l'hôpital y figure, sachant qu'un poste actif ne compte que si vous y travailliez au moins à mi-temps. Vos arrêtés de carrière, eux, doivent mentionner votre grade, votre emploi et vos fonctions.

Pensez aussi aux périodes qu'on oublie facilement. Depuis le 1er janvier 2024, vos années de contractuelle sur un emploi actif, dans les dix ans avant votre titularisation, comptent comme services actifs. Et votre période d'élève aide-soignante ouvre aussi droit à la catégorie active, si vous avez ensuite été titularisée.

Pour vos années dans le privé, regardez si les arrêts maladie, la maternité ou le chômage apparaissent bien en trimestres assimilés. Et si une erreur touche la CNRACL ou la RAFP, adressez-vous à votre dernier employeur public, qui demande la correction ; pour les autres régimes, écrivez directement à la caisse concernée.

Les démarches auprès de la CNRACL

Une fois vos services vérifiés, il reste à déposer la demande, et le calendrier compte. Selon la CNRACL, la demande en ligne se fait depuis Ma retraite publique, entre neuf mois et six mois avant la date de départ choisie. Elle part vers tous vos régimes, y compris ceux du privé.

Prévenez ensuite votre employeur, puisque c'est lui qui complète le dossier et le transmet à la caisse. Vous pouvez aussi passer directement par lui, par écrit, au plus tard six mois avant votre départ. Une demande en ligne déposée trop tard est rejetée, et c'est alors votre employeur qui la reprend.

Votre employeur vous remet ensuite un décompte provisoire, avec votre carrière, votre indice et une estimation de la pension. Relisez-le ligne par ligne : c'est le bon moment pour signaler une erreur, avant de signer la demande de pension, que l'employeur envoie au moins trois mois avant votre départ.

Les quatre étapes de la retraite d'une aide-soignante hospitalière en catégorie active, des services actifs à la demande

Votre liste avant de choisir une date

Pour finir, voici les vérifications à faire, dans l'ordre :

D'autres métiers du public ont aussi leurs propres âges, comme les enseignants, dont le cas est détaillé dans notre tableau de retraite des profs des écoles. Et quitter les soins après trente ans de métier n'est pas anodin : prenez le temps de préparer sa retraite psychologiquement.

Vos questions

À quel âge une aide-soignante de l'hôpital public peut-elle partir à la retraite ?

Si elle remplit la durée de services en catégorie active, de 57 ans pour une naissance avant septembre 1966 à 59 ans à partir de 1974, pour les pensions prenant effet depuis le 1er septembre 2026. Sinon, elle part à l'âge légal des sédentaires, de 62 ans et 9 mois à 64 ans.

Les aides-soignantes passées en catégorie B gardent-elles la catégorie active ?

Oui. Depuis le 1er octobre 2021, les aides-soignants hospitaliers appartiennent à un nouveau corps de catégorie B, mais leurs fonctions restent les mêmes et la CNRACL précise que leurs services relèvent toujours de la catégorie active.

Combien d'années de services actifs faut-il à une aide-soignante ?

En principe 17 ans dans un ou plusieurs emplois classés en catégorie active. La durée va de 15 à 17 ans selon la date à laquelle vous avez atteint vos 15 premières années, et il n'est pas nécessaire de finir sa carrière sur un poste actif.

Mes années de contractuelle à l'hôpital comptent-elles en services actifs ?

Depuis le 1er janvier 2024, les services accomplis comme contractuelle dans un emploi de catégorie active, au cours des 10 ans qui précèdent la titularisation, comptent comme services actifs pour le droit au départ anticipé.

Une aide-soignante en clinique privée peut-elle partir plus tôt ?

Non au titre de son métier : elle relève de l'Assurance retraite et part à l'âge légal, de 62 ans et 9 mois à 64 ans selon sa naissance. Une retraite anticipée reste possible dans les cas prévus pour tous les salariés, par exemple pour carrière longue.

Sources officielles (vérifiées le 14 octobre 2026)
  1. CNRACL, Départ anticipé pour catégorie active (mis à jour le 1er septembre 2026)
  2. CNRACL, Âge légal de départ à la retraite
  3. Documentation juridique CNRACL, Âge légal pour les fonctionnaires relevant de la catégorie active
  4. Documentation juridique CNRACL, Services de santé et établissements d'hospitalisation, de soins et de cure (classement en catégorie active)
  5. Documentation juridique CNRACL, Conditions de départ anticipé au titre de la catégorie active
  6. Documentation juridique CNRACL, Majoration de durée d'assurance pour la fonction publique hospitalière
  7. CNRACL, Le calcul de la pension (mis à jour le 7 juillet 2026)
  8. CNRACL, La décote et la surcote
  9. CNRACL, Effectuer ma demande de retraite
  10. CNRACL, Vérifier toutes les informations et signer ma demande de retraite
  11. CNRACL, Vérifier ma carrière tous régimes confondus
  12. Service-public.gouv.fr, Montant de la retraite de l'agent public, F21142 (vérifié le 1er septembre 2026)
  13. Service-public.gouv.fr, Retraite additionnelle de la fonction publique, F12387 (vérifié le 9 janvier 2026)
  14. Service-public.gouv.fr, Âge de départ à la retraite d'un salarié, F14043 (vérifié le 14 août 2026)
  15. Service-public.gouv.fr, Compte professionnel de prévention, F15504 (vérifié le 10 avril 2026)
  16. Union Retraite, « Les régimes de retraite en France », rapport annuel 2025

La Bonne Retraite est un média indépendant : nous ne sommes pas une caisse de retraite, et cette page explique des règles générales sans remplacer un conseil personnalisé.